Entre février et août 2025, l’Université de Mons a mis au point deux encres innovantes pour l’impression 3D d’implants dentaires destinés à réparer les dégâts causés par la parodontite sévère, maladie qui détruit l’os de soutien des dents. Grâce à la stéréolithographie, une technique qui solidifie des encres photosensibles par la lumière, il est possible de créer des implants sur mesure adaptés à l’anatomie du patient. Des premiers prototypes ont été conçus à partir de modèles de poches parodontales de la mandibule, zone particulièrement touchée par la maladie. Le protocole envisagé est le suivant (Figure 1) : après nettoyage de la poche et radiographie de la zone, un implant personnalisé est modélisé puis imprimé en 3D. Celui-ci associe une coque externe, qui isole la cavité du reste de la bouche, et un réseau interne poreux de type gyroïde, à la fois résistant et favorable à la diffusion des fluides biologiques et des agents thérapeutiques. Une fois l’os régénéré, un implant dentaire classique peut être installé, rendant à nouveau possible la restauration durable de la dentition.

Figure 1 : Les différentes étapes de la création et de l’installation de l’implant.

Première encre : une gélatine renforcée et bioactive

La première formulation repose sur la gélatine méthacryloyl, une version chimiquement modifiée de la gélatine (protéine issue du collagène). Sous l’action de la lumière, elle se solidifie en un hydrogel : matériau souple et riche en eau à l’image des tissus naturels. Afin d’améliorer ses performances, plusieurs additifs y ont été intégrés. Ainsi, la curcumine, un pigment naturel du curcuma connu pour ses propriétés anti-inflammatoires, et des nanoparticules d’hydroxyapatite, le principal constituant minéral de l’os naturel, ont été ajoutés.

Les premiers résultats montrent que cette formulation permet d’obtenir des implants souples, résistants et biodégradables en quelques semaines à mois. Elle semble donc particulièrement adaptée à la cicatrisation de défauts osseux de petite à moyenne taille, mais reste moins efficace pour soigner des lésions volumineuses (> 1 cm³) qui nécessitent une régénération plus longue.

Seconde encre : un polyester à mémoire de forme

Afin de répondre à cette limite, une seconde encre a été développée sur base de polycaprolactone (PCL), un polymère synthétique biorésorbable largement étudié en ingénierie tissulaire. En effet, la PCL est plus durable et résistante que la gélatine mais se dégrade plus lentement, ce qui lui permet de soutenir la régénération osseuse sur une période allant de plusieurs mois à une année entière. Cette formulation peut également incorporer davantage de principes actifs pour accompagner la cicatrisation à long terme. Enfin, ses propriétés à mémoire de forme facilitent l’insertion des implants par le praticien.

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